« LE COMPLEXE DE LA PROLO »

24.4.14

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(Je me demande si More than this n'est pas une sorte de chanson parfaite. Borderline en terme de goût mais parfaite quand même)

Hier au téléphone,je confie à mon ami Karim que je lis beaucoup en ce moment.
Si je lui confie ça, c'est parce que c'est pas si courant.
Je lis beaucoup de magazines (divers et variés) mais les bouquins c'est une autre histoire.

Si je ne lis pas beaucoup c'est parce que je suis souvent très intimidée par ce qu'on appelle La littérature.
J'avais déjà écrit un post il y a quelques temps sur l'intimidation que j'avais face à certaines oeuvres réputées difficiles (en l'occurrence, L'Ulysse de Joyce) mais en fait, en lui parlant, je me rendais compte que c'était plus global.

Chez moi on lit, beaucoup ( ma famille quoi! ). On lit de tout mais surtout ce qui est facile à lire, pas des « grands livres », plutôt des choses distrayantes et ça vaut aussi pour le cinéma et le reste.

La rapport qu'avait ma famille à la lecture, au cinéma et à la musique était quasi-systématiquement à prendre sous le prisme de la distraction.
En d'autres termes, on ne se fait pas mal, on regarde, lit ce qui est léger parce qu'on est fatigué, qu'on bosse et que ce genre de choses c'est fait pour s'évader en toute légèreté, surtout pas se prendre la tête (ce que je comprends tout à fait).

Ma mère et ma grand-mère lisent beaucoup. Beaucoup plus que je n'ai jamais lu.
Je suis allée à l'université, lisait vaguement ce qu'on devait lire, mais sans entrain ni aisance. J'ai une bonne mémoire et étais capable de connaître bien l'histoire d'un livre sans ne l'avoir jamais lu si peu qu'on m'en ait parlé.

Certains de mes amis, en revanche, lisaient beaucoup et lisaient grand et j'adorais qu'ils m'en parlent.

Quand la compulsion est arrivée, en plus des lipsticks et des t-shirts débraillés, j'ai acheté beaucoup de bouquins.
C'est un problème d'apparence la compulsion, non? Alors avoir des livres remplissant ma bibliothèque et triés sur le volet, cela définissait aussi, en partie, ce que je fantasmais de moi.
Mais rien à faire, ils restaient empilés, comme ça, toujours fermés.
D'autant plus étrange que j'aime beaucoup écrire. Et si on aime écrire, on devrait aimer lire.

Mais en parlant avec Karim, d'un coup ça s'est débloqué dans mon cerveau.
Je lui disais que je lisais un bouquin de Kawabata, Les belles endormies. Que c'était beau et que j'y prenais beaucoup de plaisir. Il était le quatrième livre de ma semaine, et les pages défilaient, j'y prenais un plaisir fou et je me surprenais moi-même.
Et les mots sont sortis simplement «  Tu sais si je lis pas beaucoup, c'est parce que je ne me sens pas capable de comprendre tout ce que je lis. En fait, malgré les études, y a toujours une sorte de plafond de verre dans notre cerveau (uniquement dans notre cerveau). Sky's the limit il paraît, mais avant d'en arriver là, il faut clairement enlever  un paquet de barrières, aussi transparentes qu'elles puissent être».

D'une certaine manière, et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas, c'est comme si je "souffrais" d'une sorte de complexe de la prolo.
Le terme est un peu étrange, mais c'est celui qui m'est venu en premier.

Je me souviens enfant, je ne m'imaginais pas entrer avec ma famille dans certaines boutiques (de luxe, aux vêtements chers). Comme si de fait, certains lieux (géographiques ou dans notre tête) étaient réservés à certaines personnes. Les castes sont invisibles mais bien présentes. Ca va avec l'éducation aussi j'imagine.
Pour les arts c'est pareil (sauf le cinéma qui est un peu à part en ce qui me concerne).
Les castes sont invisibles aussi mais on a l'impression que tout ne nous est pas accessible si peu qu'on ait pas été élevé là-dedans (et oui, ça peut aussi avoir à voir avec les revenus de nos parents).

Donc, en prendre conscience c'est bien, changer c'est mieux.
La plupart des livres n'existent que quand on les lit me disait Karim. Sans moi ils ne sont rien (sans toi non plus remarque), alors je peux me détendre,  pas la peine d'être intimidée, complexe de prolo ou pas, ce n'est pas une excuse et effectivement, c'est pas dur les livres.

Bref, j'ai lu Kawabata (je suis monomaniaque et sa sobriété m'a ravit le coeur... mais c'est triste).

Je t'embrasse.


BASKETS (LES, PAS LE DONT J'AI DÉJÀ PLUTÔT PAS MAL PARLÉ)

22.4.14

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(Notez la présence de Philippe Manoeuvre au violon. J'écoute Bowie à outrance, il va falloir que je vous en parle.)


Devant l'avalanche de baskets sur tous les pieds féminins de mes congénères et sur les miens, j'ai eu envie de faire un point basket.

J'ai 2 ou 3 trucs à vous préciser avant de commencer.

En ce qui me concerne, je n'ai quasiment mis que des baskets dés mon enfance pour 3 raisons:

- Dés que j'ai eu 7 ans, j'ai fait du sport tous les jours et ça simplifiait la vie de tout le monde de me mettre des baskets dés le matin.

- Ma mère n'ayant pas des goûts vestimentaires qualifiés de "féminins" elle portait depuis toujours des tennis à ses pieds et je suis sa fille. Tu vois quoi!

- Je détestais objectivement les chaussures de petite fille, sandalettes en tête, ce truc que je trouvais tellement moche que tenter de m'en mettre (ma mamie aux goûts plus classiques en avait très envie) relevait du défi. Dieu que ces petites choses étaient vilaines dans ma tête. 

Autre chose, je ne porte quasiment QUE des baskets. Depuis... Ben depuis toujours. La raison est simple, je n'aime que le confort, très difficile pour moi d'envisager la vie serrée ou étriquée. J'aimerais être une fille qui supporte plus certaines "contraintes" vestimentaires, mais à quoi bon...
Et coup de bol, je trouve les baskets très jolies, et même si certaines personnes pensent qu'il y a un âge pour tout (notamment pour les baskets), mais comme ma maman déambule en Stan Smith et Converse chaque jour que Dieu fait, ça me donne la permission de ne surtout pas envisager l'âge comme une quelconque contrainte pour me saper comme je veux.

Donc oui, je porte des baskets tout le temps, là ça va c'est la mode donc je peux me fondre dans le truc, ma paresse vestimentaire est tolérée.

LA STAN SMITH , ADIDAS. LA BASE
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La Stan Smith fait son grand grand retour, elle est partout (t'as pas pu la louper, même mon papi est au courant). Cherche pas elle est sold-out.
Par snobisme, je suis plutôt dubitative de la déferlante, mais ça c'est parce que je suis une connasse.
Et donc la Stan Smith?
J'en ai eu 3 ou 4 paires dans ma vie.
C'est la toute première basket que l'on m'a acheté (non je mens, c'est la première que l'on m'a acheté qui n'était pas pour jouer au basket).
Ma mère (parce que clairement, ça a à voir avec elle) en porte depuis qu'elle a 15 ans et en avait toujours une paire, alors par projection j'imagine, elle m'en a acheté une paire alors même que j'étais encore en primaire.
Enfant je les portais mais n'étais pas forcément très intéressée par elles. Trop blanches, trop sobres, trop épurées, pas assez rose, bleu fluo, truc moche en plastique.
Alors je les ai portées plus comme ça, pas par goût, un peu pour faire plaisir.

J'ai surtout commencé à les apprécier pour ce qu'elles étaient en même temps que mes goûts se sont simplifiés au lycée et à la fac (l'ère de la Gazelle et de la Clyde de Puma, les baskets basses et simples).
Je les portais à outrance, uniquement elles.
Qu'on s'entende bien la Stan Smith est plus une chaussure qu'une basket, je n'ai jamais couru ni fouler le moindre terrain avec.
C'est des fausses baskets, des trucs qui servent à marcher plus qu'à jogger ("jogger" parfaitement mesdemoiselles)

EQUIVALENT = La Converse Chuck taylor qui est aussi dans le même genre. Basses ou hautes, en tissu, sobres à outrance. Très belles. Mais, pas confort je trouve. C'est tout le problème de la Converse pour moi (et c'est peut-être spécifique à mes pieds), je suis pas très bien dedans.


LA TORSION, ADIDAS (LA VERSION DE 1989). LE FANTASME

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On va pas se mentir, les 25 ans qui nous séparent de cette pompe nous auront au moins ouvert les yeux...
Là c'est la version bleue mais elle existait aussi en rose (impossible de trouver une photo convenable sur le net).
Dans mon collège, les filles c'était les roses et les mecs les bleus.

Une bonne partie de ma sixième a été un gros fantasme autour de la torsion.
Tout le monde les avait et moi aussi j'aurais bien voulu goûter à mon moment de hype (-__- laisse nous moi et mon premier degré) avec une paire de Torsion aux pieds. J'aurais été belle, j'aurais été libre, j'aurais été populaire.
J'ai quémandé, ma mère voulait rien savoir ("c'est moche Marie, c'est cher et puis dans 6 mois t'en voudras plus"). J'ai pleuré, des fois ça marchait le sens du drame, mais rien. Ma mère n'a pas cédé.
J'ai menacé de fuguer, ma mère a pouffé (putain mais merde, moi aussi j'aurais pu être une adolescente à problèmes).
Alors je me suis vexée.
Mais comme je voulais être une fille à Torsion (comme tous les gamins un peu riches de mon collège privé) j'ai menti à mes copines "ouais moi aussi j'en ai eu une paire à Noël".
J'étais très très mytho enfant, truc de dingue, je m'inventais une vie. Je me suis inventée des Torsion tellement fragiles que je ne les mettais pas à l'extérieur... J'étais sûre que ça passerait.
Bon c'est jamais passé, je me suis trimballé une réputation de mytho (le collège, ce drame pour l'égo!) pendant quelques temps.
Et puis je me suis résignée pour en arriver à, 6 mois plus tard "Les Torsions? Mais quelles Torsions?"


LA JORDAN 6, NIKE AIR, LA CLASSE

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Noël de l'année suivante (en cinquième donc), j'ai eu un peu d'oseille par des tatas et je voulais une paire de Jordans.
Les 6 viennent de sortir (celles en photos), je fais du basket et je suis dingue de Jordan.
Là pour le coup c'est surtout pour porter les baskets du mec que j'admire le plus au monde.
Ma mamie complète le montant et je pars dans le magasin pour les acheter.
Les pompes ne commencent qu'au 39 (les pointures filles chez Jordan ça viendra bien bien plus tard) et je chausse du 37.
Elles sont trop grandes, coûtent 1000 francs (dingue!) et je veux les mettre pas pour faire la belle dans la rue, si je les achète c'est pour jouer au basket.
Je mettrais deux paires de chaussettes comme toujours et ça devrait aller.
J'ai porté ces baskets sur le terrain pendant très longtemps, elles n'étaient pas les plus confortables (rapport la pointure, à quoi je m'attendais?) mais elles étaient tellement belles.
Et puis, un jour, un peu agacée par leur esthétique, et comme elles se rappaient de plus en plus au bout (un nubuck fragile), je les ai données à une de mes coéquipières de basket.
Aujourd'hui encore, je pleure des larmes de sang... La première version de Jordan 6 donnée, comme ça, je te jure, j'ai encore envie de me tarter.


HUARACHE, NIKE AIR, MON PRÉCIEUX 

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Ci-dessus la basket la plus confortable de tout l'univers entier.
Là je te parle de la Rolls.
J'ai eu cette paire de Huarache (de cette couleur précisément) à 14 ou 15 ans. Début de saison (en basket), il me fallait une nouvelle paire.
Sans entrain particulier, je les essaie. Elles ne sont pas très belles (que je trouve à ce moment là, maintenant, j'en suis folle) mais le vendeur semble dire qu'elles sont hyper confortables.
La Huarache c'est une basket avec une sorte de chaussette en nylon à l'intérieur,  elle maintient la cheville à mort (le point sensible pour les entorses des basketteurs) et donc sera parfaite pour amortir les chocs.
Effectivement au pied, elles sont hyper confort, je les prends.
Et je vais les porter jusqu'à la corde.
Jamais une pompe ne m'aura fait sauter aussi haut et être aussi bien pour courir.
Des copains qui faisaient de l'athlé, m'ont confié que la version basse de la huarache était aussi la crème pour être bien dans son stade ("Bien dans son stade" -__-).
Mais usées jusqu'à la corde, un jour ma mère, cette traîtresse, les a jetées.
J'ai encore les boules.
J'en ai une autre paire depuis mais vachement moins belles.


LA BLAZER, NIKE. L'ARNAQUE
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La Blazer est une très belle basket. Vraiment je l'aimais beaucoup de loin...
Et puis j'en ai eu une paire et alors là, la déroute.
Rarement je n'aurais trouvé une basket aussi peu confortable.
Elles chaussent trop grand (alors que Nike est sensé chausser petit, donc quand t'achètes sur internet, t'es sûr de te planter) mais en plus elles sont nulles au pied ou c'est qu'à moi que ça fait ça? Trop bizarre...
Vraiment très très déçue. Les Baskets c'est confortable, sinon pourquoi?



LA DECADE, ADIDAS. MA PRÉFÉRENCE
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J'ai acheté cette paire de baskets l'année dernière après les avoir découvertes sur une photo où on voyait Caroline de Maigret rieuse.
Je n'avais pas eu un tel coup de coeur pour des baskets depuis une éternité.
Je les ai traquées.
Je les ai trouvées.
Je les saigne depuis.
Je les ai mises tous les jours (sans exception) pendant des mois...
Trop de love quoi!

LA PUMP, REEBOK. 2014

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Et voilà celles que je veux porter cette année. Les Pump. Old school c'est peu dire.
*___*



Je vous bisou snack et espère que vous allez bien. Tu m'as manqué.

PS: Mon double diabolico-mercantile me dit de te dire que je vends des pompes sur une boutique en ligne.
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(Photo de Ryan McGinley)



Salut les copains et les copines,

un tout petit billet pour vous dire que je vais faire une petite pause sur le blog.

A priori ça ne devrait pas être très long.

Prenez soin de vous.

Love



PROSÉLYTISME BIS

19.3.14

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( Très beau morceau ♥) 


« Le drame de cette vie mon cher Octave, c'est que tout le monde a ses raisons»

Extrait de La règle du jeu de Renoir

Vous avez remarqué comme, alors même qu'on se défend quasi systématiquement du contraire, on peut être intransigeant et extrême lorsqu'il s'agit des combats qui nous tiennent à coeur. 
Si un combat nous paraît essentiel, légitime, primordial, on considère nos congénères, s'ils se révèlent être moins intéressés par notre cause, comme "irresponsables" voire "sans coeur". 
C'est mathématique.
On balance à qui veut l'entendre (parce que ces choses se disent par souci de paraître le plus tolérant possible) que chacun ses combats, chacun sa personnalité, chacun ses préférences qu'on ne peut pas tous être les mêmes et c'est même une richesse, mais tout au fond de nous, c'est une autre histoire. Une partie ne peut pas s'empêcher de croire que les bons goûts ce sont les nôtres. La vérité c'est la nôtre. Le bon point de vue, idem (#PatrickSwayzeVoice).


Quand on se retrouve de l'autre côté, le côté de celui qui écoute un autre nous raconter que notre manque d'implication dans le combat pour l'écologie, la souffrance animale, la famine, le cancer, le don de moelle et tout le reste n'est la preuve que d'une seule chose, notre "indifférence", notre irresponsabilité face au monde, ça nous surprend.

Alors, on se retrouve coincé avec une légère forme de culpabilité à, effectivement, ne pas se sentir concerné par ce que l'autre nous raconte. 
S'il est militant et qu'au fond de nous on se sent étranger à tout ça, alors même qu'on peut être habité par d'autres combats qu'on estime légitimes, une partie de nous reste néanmoins surprise de ne pas se sentir envahie, comme notre interlocuteur, par un profond sentiment de responsabilité face à son combat. 

Mais peut-on avoir de l'empathie pour tout? 
J'ai pensé à cela en lisant certains commentaires en-dessous de mon billet sur les UGG.
Je partais légère et inconséquente et quelle surprise de lire certains commentaires insistant sur "ma cruelle ignorance" concernant le sort réservé aux moutons pour que je puisse être chaussée. 
Si vraiment je réfléchissais à tout ça et que je continuais, malgré tout, à porter des UGG ça ne pouvait être le signe que d'une chose, j'étais cruelle et égoïste. 
De mon côté le manque de générosité face au don (sang, plaquettes, et reste) me laisse... perplexe... Si tu n'as pas d'argent à donner, ta santé est un bien précieux, ce don de soi est très représentatif pour moi mais des tas de gens s'en tamponnent et c'est comme ça... Je ne le comprends pas mais le constate. 
Je ne dis pas que l'un empêche l'autre, du tout mais finalement quelles sont les limites à tout ça... Peut-on être impliqué dans tout? 
Mon papi, par exemple, est très surpris de l'attention toute particulière donnée, dans nos sociétés, à la nourriture des animaux domestiques. Il me dit tout le temps "mais pourquoi on fait de pubs Sheba ("pour dire je t'aime") alors que des gens meurent de faim"... 
Chacun ses combats donc, la hiérarchie s'installant malgré nous dans notre cerveau et dans notre coeur.
Mon papi est vieux et il a vraiment crevé la dalle, conséquemment ce truc lui échappe. De son prisme à lui, je comprends. Je ne cautionne pas tellement mais je comprends. 


Pourquoi certains pensent que si leurs combats ne sont pas partagés par leurs congénères, ils deviennent significatifs de ce que l'autre est?  Genre, je suis militante pour une cause lambda, mon entourage ne sent que modérément concerné, cela veut-il dire que mon entourage est déplorable d'humanité? 
Qu'en savons-nous après tout de cette supposée "inhumanité"?
Savons-nous s'il donne son sang, son énergie, son temps, son argent, ses méninges à d'autres choses? 
Un combat même si on le mène, n'est pas plus grand que celui de mon voisin (et croire à cela présente un certain nombres de dangers, non?)

Je dis ça sans jugement, mais je suis toujours très frappée, notamment dans ce blog,  des conclusions hâtives qui peuvent être tirées (c'est heureusement très rare, étant plutôt préservée de ce côté là).
Mais quand cela arrive, c'est la mise en marche d'un prosélytisme éthique (ceux qui savent ce qui est bien, qui sont droits et moraux tout le temps...), comme si certains disaient que leurs combats étaient supérieurs et que le traitement que j'en faisais, sous un prisme futile par exemple, leur semblait inadapté, peut-être même cruel.


Je crois juste qu'on ne peut pas mener tous les combats. 
Je n'en suis pas fière, parfois même je me trouve toute petite à ne pas avoir une empathie plus développée, me sentir concernée par tout, mais il se trouve que ce n'est pas le cas. 
Comme vous j'imagine.

Des choses me choquent en profondeur chez l'autre (parfois chez des gens très proches de moi), mais je me ravise, constatant que mes combats me semblent plus légitimes surtout parce que ce sont les miens. 
Je remballe mon ego, il n'est pas LE point de vue, encore moins LA vérité. 

Y a juste un truc auquel il faut être particulièrement vigilant, c'est le jugement (tiens à ce propos, certains sont un peu énervés dans les commentaires en ce moment, détendez-vous, c'est pas grave, je "grandirai" pas plus (qu'est ce que ça veut dire dans le même temps?), que ça ne devienne pas important pour vous surtout, votre temps vous est compté... pour vos trucs à vous. Vos rêves, l'amour, les rires, la famille, les plaisirs divers et variés).

Donc je disais, de ta fenêtre, c'est légitime, de la mienne peut-être moins. 
Et ce qui est important moi moi, peut, pour toi, ne pas avoir le moindre intérêt. 

Love



THE GIRL FROM IPANEMA

15.3.14

NARCISSISME / BLOG / SELFIES / FACEBOOK

12.3.14

Photo du 11-03-2014 à 12.07 #6
Photo du 11-03-2014 à 12.08 #3


)

(Exotica, mes amoureux depuis Désorbitée ont sorti leur premier album, La vierge et le lion... Je suis love, ça doit être le printemps et toutes ces pelles. Des larmes sur ses disques est ma chanson préférée)


Mon blog date de septembre 2006. Facebook existait déjà mais de loin et surtout personne n'avait encore de compte.

J'ai mis un peu de temps à lancer mon blog (j'avais tenté deux ou trois fois avant mais rien de bien concluant) parce que je trouvais déjà que la démarche semblait un poil narcissique.

Pourquoi créer un blog pour parler de "mon" point de vue rapport qu'on s'en fout.
C'est pas que j'étais pas à l'aise avec mon narcissisme, mais tout ma vie, on avait tenté de me dire à plusieurs reprises que certains trucs que je faisais (genre écrire mon prénom sur mon cahier de texte, comme des lignes d'écriture dont j'étais le héros) étaient anormaux. Sales.

Le rapport que j'entretiens avec le miroir a toujours été ambivalent.
Depuis l'enfance, mon rapport au reflet est spécial. Il n'a en soi pas qu'à voir avec la relation que j'entretiens avec mon physique, pas qu'à voir avec le fait que je me trouve jolie ou pas, mon reflet me rassure.
Alors on pourrait dire que son propre reflet et marquer son prénom (mais pas que) sur son cahier de texte n'ont été que des prémisses de La chic fille.

Si j'ai créé ce blog c'est pour 3 raisons principales:

- L'ennui. Il est né dans une période de ma vie où globalement, je m'emmerdais pas mal...
- L'envie. J'avais tellement envie de parler de mode avec des gens que ça intéressait, que l'internet m'a semblé être une bonne porte.
- Le narcissisme. Même si j'étais pas au top de l'estime de moi, il faut croire que j'ai finalement considéré que mon ego, à défaut d'être important, pouvait parler.

La question de la mise en scène dans les blogs mode, vous le savez, a beaucoup évolué au cours de ces quasi 8 années (sa race!).
On est passé de filles qui parlaient de mode de manière assez "désengagée" (i.e. qu'elles ne se mettaient pas tellement en scène pour en parler), à l'image de Nadia (la première que j'ai aimé très fort et qui a fait que mon blog existe) (ou Géraldine de Café mode ou encore Garanceà de la mise en scène de ses propres looks tête coupée d'ailleurs (un désir d'être encore dans l'anonymat) et enfin à un truc de plus en plus libéré, Betty est, j'ai l'impression, celle qui a changé la donne.
Après elle, en tous cas en France, le blog mode est devenu majoritairement un blog "sapes" et le succès qu'on a connu après n'a plus été le même.
D'ailleurs les blogs qui ont suivis, qui ont été créés se sont calqués sur ce "point de vue", la mise en scène de ses propres vêtements, dans une sorte de magazine en ligne où la fille devient le mannequin de sa propre penderie.

J'ai voulu faire pareil tant je trouvais ça frais... Et puis je me suis vite ravisée, mon narcissisme n'était pas prêt à se faire traiter.
On l'oublie peut-être maintenant, mais au début des blogs on été pas du tout habitués à voir des filles (et des hommes) se mettre en scène, faire les beaux comme ça, bref, nous jeter leur narcissisme à la figure.

Facebook n'était encore pas très connu, alors le narcissisme n'était pas aussi généralisé que maintenant.
D'ailleurs il a été assez amusant de voir certaines personnes qui me taxaient cyniquement de "narcissique" avec mon blog (ce que je ne nie pas) se raconter par la suite en détails sur leur mur Facebook...

Je n'étais pas assez sûre de moi pour mettre des photos de moi, de mes vêtements et m'entendre dire que "c'était pourri" que "j'étais hyper moche" ou autre "pauvre fille, t'es ridicule".
Je ne faisais pas ça pour des compliments donc j'ai pu rapidement chercher un autre point de vue, les crachats piquaient un peu trop.

Mais c'est vrai, quand je réfléchissais aux raisons qui me poussaient à me prendre en photo en faisant une moue boudeuse, je tombais invariablement sur la conséquence qui s'imposait, c'est que d'une certaine manière, je me kiffais. Sinon pourquoi?
Mais je ne me kiffais pas suffisamment tout le temps pour l'assumer...
Des fois belle, des fois moche, comme tout le monde, je n'étais pas assez décontractée de la question pour l'assumer pleinement et tout le temps.

Mais certaines filles bloggueuses, même si elles avaient un rapport ambivalent à leur apparence réussissaient à passer outre...
Quant aux autres, les vraies stars, je me suis toujours demandée si elles faisaient ça aussi pour se montrer belles ou pas du tout?
Je n'en sais trop rien... D'ailleurs le narcissisme a-t-il à voir avec l'apparence pure?

Moi j'aime bien me prendre en photo (ce qui fait de cette confidence le truc le plus naze et puéril de votre journée, je le sais). Si je ne le fais pas (pendant des semaines, des mois) c'est le signe que je ne suis pas si bien avec moi. Même quand j'ai très peu de temps d'ailleurs.
Les photos ne sont que pour moi, pour tranquilliser le rapport que j'entretiens avec mon propre image... Enfin c'est ce que je me dis, si ça se trouve je me mens.

Je lisais une fois une interview d'une bloggueuse très jolie qui répondait que pour elle, les photos, était une manière distanciée pour faire la paix avec sa propre image.
Jolie comme elle était, je ne l'ai pas cru. Je me suis dit "c'est faux, si elle se prend en photo comme elle le fait, c'est qu'elle veut montrer au monde comme elle est belle"...
Je me suis probablement trompée.

Si l'apparence avait à voir avec une quelconque forme d'objectivité, ça se saurait.

Quand j'étais petite, je trouvais qu'Ophélie Winter était une des filles les plus belles. Et en lisant une interview, j'avais cru déceler qu'elle entretenait une relation bien pourrave avec son propre reflet.
Perdue entre ce que les autres (les hommes notamment) lui renvoyaient et l'angoisse intense qu'elle avait de perdre cet intérêt à mesure qu'elle allait vieillir.
On sentait cette intense fragilité en elle, celle de l'individu qui devrait s'aimer, s'apprécier mais pour qui il n'en était rien...

Evidemment s'aimer et s'apprécier n'a que modérément à voir avec son apparence (c'est même le plus mauvais investissement à faire à long terme, le cerveau et ses outils étant nettement plus efficaces dans le temps)  mais je m'interrogeais.

(Billet le plus fourre-tout de ce blog, me trompe-je? Pas de question très claire, à peine un point de vue, on est au top!)

FIRST KISS

11.3.14

Rouler des pelles est une de mes activités préférées sur Terre (comme tout le monde j'imagine... Quoi que je sais pas en fait, arrêtez-moi si je me trompe). 

Alors quand ma copine Marie-Cécile m'a envoyé le lien de cette vidéo où on voit des gens s'embrasser pour la première fois, j'ai fondu.

C'est le premier truc que j'ai vu aujourd'hui, la pudeur, l'hésitation, les sourires gênés, les présentations, la chanson de Soko et enfin les baisers avec la langue.

Trop beau... Et puis ils aiment vachement ça, non?



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