LE CAS DE LA CANETTE... ET PAR LE MÊME OCCAS' UNE REFLEXION TELLEMENT PROFONDE SUR LE COMPLEXE!
J'ai un rapport au corps un peu différent de la simple esthétique... Je n'étais pas, en cinquième, la fille en jogging qui était sensée courir dans la cour de l'école mais qui préférait piaffer en insultant discrètement ce connard de prof de sports.
Comme, souvent mais pas toujours, j'étais une sorte de petit mec.
J'ai fait du basket pendant 15 ans, à haut niveau, et mon corps, dans sa construction existait d'abord pour être efficace et endurant bien plus que joli, c'était même pas le propos.
À la fac, j'ai très freiné le basket, j'avais d'autres choses à faire plus importantes que les efforts, genre boire des bières et danser sur du NTM.
Et ce qui ne s'était jamais posé comme un "problème" esthétique est apparu.
Comme il n'avait plus besoin d'être efficace, il a fallu que je change radicalement ma manière d'envisager mon corps parce qu'il était clairement moins docile à mon égard. J'ai pris du poids. La tonicité a changé aussi, alors moi, je ne reconnaissais plus rien.
Je l'avais déjà abordé dans un vieux post, je persiste à croire qu'avoir un corps acceptable pour soi, est le plus important dans le vêtement. C'est un problème de moins, on peut faire comme on veut puisqu'on se plait.
J'ai toujours plutôt aimer mes jambes, elles étaient grandes pour ma taille, un peu maigrichonnes, mais ça m'allait, j'étais pas une plantureuse, alors...
Donc autant vous dire que je me baladais en short très court dés juin, je trouvais ça classe.
Le short que vous voyez sur les photos est une des pièces les plus anciennes et les plus portées de mon dressing, ça fait au moins 10 ans que je ne l'ai pas mis, mais je ne m'en suis jamais débarrassée.
Brillant, du jaune fluo, de l'échancrure sur les cuisses, j'étais bien obligée de le garder!
Quelques années après l'arrêt sport, j'ai "récupéré" mon corps connu, et je pensais que j'allais ré-avoir une affection pour mes canettes.
...
Et c'est là que se pose le problème du complexe.
J'étais extrêmement insouciante par rapport à tout ça jusqu'à un jour, sur la plage, il y a 3 ans.
Une femme dont l'avis m'importait beaucoup, me voit revenir d'un bain de mer et me lâche cette phrase "qu'est ce qu'elles sont moches tes jambes!".
Ni plus ni moins.
Je ne porte pas de jugement direct sur la phrase de la dite femme, qu'importe, ça n'est pas le propos, mais d'un coup, alors que mes jambes n'avaient pas changées, je me suis mise à les détester et à ne plus jamais les montrer. Je ne mens pas, jamais, sauf au creux de l'hiver emmitouflées dans des collants supra opaques!
Voyant ma mine déconfite (après tout, je n'avais rien demandé, même pas le moindre "elles sont belles mes jambes hein?), la femme me dit "que blabla, les jambes très belles c'est rare, que mes attaches ne sont pas assez fines, mes cuisses pas suffisamment galbées, blabla...". Après analyse, ça voulait donc dire que seule la perfection pouvait être dévoilée au monde. Quelle violence pour l'imparfait.
Un peu court comme argument, mais le fait est, c'est que ça m'a vachement emmerdé cette histoire. On nous dit, dans la mode par exemple, qu'il faut connaître ses forces et ses faiblesses et seulement après, passer aux travaux pratiques.
Sauf que moi, j'avais toujours cru que mon point fort c'était mes gambettes et d'un coup on me violentait le cœur en me disant que "même elles", elles étaient vilaines. Qu'est ce qu'il me restait?
Et ben sur le moment, pendant 3 ans, je me suis dit qu'il ne me restait finalement pas grand chose!
C'est terrible je trouve. Pas terrible de se voir entendre ce genre de conneries, qu'on a tous entendu, et de devoir s'envisager avec affection après, non terrible de se dire qu'une parole, par nature même subjective, ai pu m'empêcher d'être comme je l'entendais. C'est terrible de se dire que l'avis, un avis, de l'autre puisse déglinguer 27 années de construction d'image. L'avis de l'autre a été prioritaire au mien.
Qu'importe que mes attaches ne soient pas suffisamment fines, qu'importe que mes cuisses soient maigrichonnes, qu'importe que mes jambes soient bien plus grandes que mon buste, c'est ma disharmonie, et je l'aime.
Dans le fond, je n'ai jamais cessé d'aimer cette partie de mon corps, c'est simplement l'avis de l'autre qui m'a donné l'impression que j'étais la seule à l'apprécier...
Mais ça, c'est peut-être déjà immense.
Je vous embrasse!















































