ARGENT

19.12.12

wildernessfestival81-web

Photo de Vanessa Jackman


Mes posts ne sont que réactions en ce moment, vivement que cette année se termine, j'en ai assez de 2012... Même si ça a été plutôt une belle année elle est déjà un peu obsolète.

 Ce matin chez Mai ( je link toujours les mêmes personnes!) on y parle argent et blogosphère.

Je me disais que ça serait peut-être le moment d'échanger un peu avec vous aussi sur la question. Parce que j'aimerais vraiment avoir votre avis là-dessus.

Je ne gagne pas d'argent avec ce blog. Je n'en gagne pas parce que je n'ai jamais trouvé de suffisamment bonnes raisons pour en gagner. Je vais vous expliquer pourquoi.
Je ne porte aucun jugement sur rien ni personne, ce que je vais vous dire n'est basé que sur mes expérience et ressenti propres.

L'attrait immédiat que j'ai eu pour les blogs mode s'est essentiellement basé sur l'alternative qu'ils proposaient. Ce n'était pas des magazines avec toutes leurs dérives.
J'aime les magazines mais lire des blogs personnels, amateurs, gribouillés, était une vraie fraîcheur.
Enfin la mode était intégrée dans une certaine forme de réalité... Et tout ça était fait par plaisir pur.

Les blogs ont muté et certains se sont éloignés de leur postulat de base, très bien, les choses sont faites pour évoluer, changer et finalement réussir à faire de son blog son travail c'est transformer une passion en quelque chose de rentable. Ce qui est chouette ne le nions pas! Certains ont même gagné en qualité de contenu (rares mais certains y sont parvenus).

Je me suis souvent interrogée, dit que finalement je devrais le faire, que je pourrais gagner de l'argent, qu'il n'y aurait pas péril en la demeure, que ça ne changerait pas mon blog, que je pourrais être toujours aussi sincère, que je pourrais toujours poster comme je le souhaite... Que ça ne serait pas grave. C'est vrai ça ne serait pas grave.

Sauf que je savais au fond de moi que je ne pouvais pas tout avoir.
J'ai un regard très dur sur la publicité de manière générale même si je ne suis pas dupe de son influence sur mes choix ( je ne suis ni pire ni meilleure), et participer à ce que, d'une certaine manière, je méprise et trouve vulgaire (toutes proportions gardées hein...), je n'ai pas envie de le faire.

Peut-être parce que j'ai encore jamais vu de modèle qui me séduisait... Et puis j'ai surtout l'impression que la marque s'y retrouve en général plus que la bloggueuse... Ou le bloggueur!

Pourtant je me trouve conne je me dis que si j'envisageais cela plus comme un travail complémentaire (rentable donc), je pourrais peut-être aller plus loin et surtout pourrais peut-être gagner de l'argent grâce à quelque chose qui me fait vibrer. Et vibrer en gagnant de l'argent, c'est quand même cool.
Mais je sais que ça ne serait pas si simple et peut-être même que j'en ai pas si envie que ça.

J'aime n'avoir strictement aucune contrainte ici.
Je ne vais pas le nier que derrière cette volonté de liberté, il y a aussi de l'orgueil dans cette décision. C'est pas tout à fait assumé mais c'est comme si j'estimais que je pouvais être au-dessus de ça. C'est pas très beau je sais, mais ma liberté de contenus (parce que si une boîte vous fait gagner de l'argent elle peut éventuellement avoir son mot à dire sur le contenu... Ou sur la fréquence de vos posts... C'est un travail après tout, d'où la naissance de nouvelles contraintes) est une richesse folle. C'est ça que j'y gagne ici.

J'ai créé ce blog, l'ai alimenté, délaissé, re-aimé, retravaillé, c'est donc qu'il est important pour moi.
Alors y écrire ce que je veux, uniquement ce que je veux, ne vous dire que la vérité sur ce que je pense, achète ou aime, ça me va. Je ne sais pas si je réussirais à être absolument objective avec des produits que j'aurais reçus.. J'aime pas faire mal au coeur, ça me fait souvent modifier la réalité pour ne pas être trop brutale alors dire du mal de produits cadeaux, je sais pas si j'en serais capable...

Voilà, c'était pour vous donner mon point de vue...

Je vous embrasse.



PEAU / PORE

14.12.12

Ludivine sagnier

(Ludivine Sagnier pour Self Service, photo d'Ezra Petronio)


J'y ai pensé en deux temps... d'abord à force de lire les considérations dermiques de Mai et puis ça s'est renforcé avec un des derniers posts de Garance Doré sur la peau. Sur la peau parfaite précisément, celle sans pore apparent, sans luisance et sans la moindre aspérité.

J'ai globalement une bonne peau. J'ai eu quelques soucis ces deux dernières années, sûrement pour  chahuter mon arrogance d'adolescence... Tout n'est pas complètement rentré dans l'ordre... J'entends par là que ma peau n'est pas top tous les jours, mais quand on a eu une peau solide en toutes circonstances, on a tendance à être particulièrement exigeante, c'est mon cas mais il va falloir que je me détende, c'est justement ce dont on va parler.

Malgré les périodes fastes, j'ai toujours eu beaucoup de mal à ne pas me maquiller le teint tous les jours. Fond de teint, anti-cernes, poudre.
Je ne sais pas pourquoi mais même si ma peau était globalement bien, je ne pouvais pas m'empêcher de la rendre encore mieux... Et comme chacun sait le mieux est l'ennemi du bien.

Je ne vois pas de défauts majeurs nécessitant d'être cachés mais je ne peux pas m'empêcher de me maquiller comme si j'étais complexée du derme. Au début c'est cool et puis très vite j'ai l'étrange sensation que j'en ai trop fait, que je suis trop blushée et trop poudrée.

Parce que le fond est là, depuis que j'ai 14, 15 ans, seule la peau absolument PARFAITE trouve grâce à mes yeux. Une peau sans rougeur, pore apparent, luisance. Une peau lisse (je vous raconte pas depuis que la ridule pointe le bout de son nez, je dois négocier sévère avec mon égo... Ca n'a pas particulièrement à voir avec l'âge mais encore avec cette connasse de perfection désirée inaccessible qui m'empêche de me détendre 2 minutes et de ne pas être une psychorigide du pore).

La peau nue je trouve ça très beau sur les autres... Mais en toute sincérité, j'ai le regard biaisé sur moi par rapport à ça.

Peut-être que ça peut paraître excessif mais ça s'apparente à de la nudité pour moi, quelque chose qui me met en fragilité face au monde. J'ignore pourquoi... C'est comme si les gens qui me voyaient la peau nue regardaient à l'intérieur de moi.

Comme si je pouvais pas me présenter au monde pas parfaitement polissée  (ce qui est très relatif vu que je me maquille finalement pas tant que ça... Pas tant que ça certes, mais systématiquement tout de même) et un peu déguisée.

Pourquoi je vous en parle? Parce que le fond de teint comme un masque, c'est un peu triste tout de même, il faudrait voir à ne plus envisager les choses sous cet angle et je me suis dit que peut être, vous, vous avez trouvé des subterfuges pour arrêter de vouloir être sans aspérité... J'aimerais bien.

Je vous love.


CONDESCENDANCE ET LE GOÛT DES AUTRES

11.12.12

Vanessa Paradis



Et bien quelle surprise...Je ne pensais que ce post sur Booba déchaînerait des «passions» (pour le coup j'ai vraiment été très étonnée, si vous lisez mon blog, c'est quelque chose dont je parle régulièrement depuis au moins 3 ans).

Avant d'en venir au fond de ce que cela m'a inspiré, je tenais à vous raconter (encore je sais) quelque chose.

J'ai été élevée dans un milieu populaire et mes goûts en ont été conséquemment orientés. J'aime les tubes, j'aime les trucs FM, j'aime ce qui fait gigoter les pieds, tout ça c'est ma base, ce que j'ai d'abord écouté. Certes, j'ai aussi écouté très vite de la musique classique lorsque que j'étais enfant mais plutôt par hasard. Il se trouve qu'à l'époque les CD les moins chers étaient les CD de musique classique. Chopin n'est donc pas venu à moi par goût du beau mais bien contextuellement. Il était meilleur marché dans mon Auchan que le dernier REM ou Madonna.

(Tout ça vaut aussi pour le cinéma, il a d'abord été, de mon côté, ultra grand public)

La question de mes goûts (comme des vôtres je suppose d'ailleurs) ne s'est pas posée pendant très longtemps. Enfant, on ne pense pas à ce genre de choses alors ça ne compte pas.
On aime ce qu'on aime, chercher à expliquer pourquoi telle chose trouve plus grâce à nos yeux que telle autre est plutôt difficile. C'est du domaine de l'opinion et, comme pour la foi ou l'appartenance politique, c'est une chose très personnelle. Bien évidemment, les passages répétés en radio de certaines chansons ont pu avoir raison de mon objectivité et de mes préférences, mais ça je ne le savais pas encore.

Enfant mes goûts en tant que tels n'avaient pas de valeur sociale. Ils ne me définissaient pas ou en tous cas n'entraient pas en ligne de compte pour que j'appartienne à tel ou tel groupe ou que je sois perçue comme telle ou telle personne. Mes goûts c'était mes goûts ni plus, ni moins.

Adolescente mon groupe d'amis a changé, je suis devenue plus proche de gens qui appartenaient à d'autres sphères et qui avaient d'autres goûts. Des goûts plus "pointus".
Il se trouve que mes amis étaient pour la plupart musiciens ou en tous cas très intéressés par elle. Leur relation à elle était d'ailleurs clairement élitiste. De manière assumée, ils n'aimaient pas ce qui était mainstream. Si le grand public y était sensible c'était parce que c'était un truc de masse sans grande valeur et donc que ça n'était pas digne d'intérêt (les choses vont se sont nuancer évidemment).

Alors mes goûts «populasses» je les ai de moins en moins assumés avec eux.
Je me sentais nulle avec mes préférences "faciles" alors, je me suis mise à écouter des chansons (regarder des films...) seule pour être sûre que personne ne pourrait se moquer de moi.
J'avais honte de ce que j'aimais. Pas tout, certains de mes goûts passaient mieux en société que d'autres.

J'étais absolument sûre que les goûts de mes amis, connaisseurs, esthètes étaient meilleurs que les miens.
Alors j'ai essayé de changer, de faire mieux, plus propre. Ca m'a permis d'aller dans d'autres sphères et de m'intéresser de plus en plus à la musique jusqu'à aujourd'hui où elle est un des éléments les plus fondamentaux de ma vie.

J'ai vieilli, j'ai compris 2 3 trucs sur moi et les autres et puis petit à petit, les choses se sont nuancées.
En se nuançant mais aussi en gagnant confiance en moi, j'ai appris à accepter un truc, à assumer TOUS mes goûts.

Oui j'aime Booba. Oui j'aime Erik Satie. Oui j'aime Mylène Farmer depuis que je suis enfant. Oui j'aime beaucoup de groupes Hip Hop. Je vénère Kate Bush. Oui je connais 250 chansons par coeur de Gainsbourg. Oui j'écoute aussi chaque jour Nina Simone. Oui écouter Miles Davis me ravit à chaque fois.Oui je connais par cœur du Natasha St Pier, du Slai, du Julie Zenatti et du Patrick Fiori.

Mais est-ce qu'une de ces préférences est plus valable qu'une autre? Est-ce que je fais un quelconque prosélytisme? Cela est-il gênant pour mes amis ou ma famille?  Et surtout,devrais-je en avoir honte?

Un goût isolé ne définit rien ni personne, les gens sont, je l'espère, un poil plus bigarrés que ce que j'ai pu lire.
C'est une facilité intellectuelle (pour ne pas dire une paresse) que d'imaginer avoir une quelconque idée de qui est quelqu'un, sur ce qu'on croit être une "déviance de bon goût".

Revenons-en à nos moutons...
Certains trouvent que Booba est moche, vulgaire (en ce qui me concerne j'aurais dit grossier), phallocrate, traite mal les femmes, écrit mal...
Très bien, c'est votre droit le plus strict, mais ce blog c'est un point de vue, ici il ne s'agit que de mes préférences, donc l'idée de me justifier sur mes goûts comme si j'avais commis une faute (quasi morale dans le cas de Booba) me paraît vraiment inapproprié.

J'aime que vous ne soyez pas d'accord avec moi (que vous trouviez que la voix de Booba est nulle, qu'il ne vous fasse rien par exemple), vraiment je n'ai pas de souci avec ça (je ne filtre aucun commentaire ici, jamais) mais j'ai du mal à saisir la pertinence de faire comprendre à l'autre que ses préférences sont déplorables... Vraiment je ne vois pas, alors même que je ne cherche à convaincre personne et que je comprends parfaitement votre point de vue.

Pire que la non-compréhension, on a parfois frôlé la condescendance, non?

Il n'y a pas de goût supérieur. Je n'ai pas plus de hauteur morale à aimer Rohmer plutôt qu'un paquet de films très moyens de l'équipe du Splendid. L'un est plus valorisé en société que l'autre, très bien mais ça m'est égal, je ne veux plus avoir honte de ça.
Parce qu'avoir honte de ça, c'est d'une certaine manière renier qui on est. Au moins des petits bouts.

Et puis il faut se méfier parce que derrière la condescendance, pas très loin, il y a souvent du mépris de classe. Et ça, pour le coup, sans hésitation et de manière universelle, c'est quand même pas très beau.

Love

ET SI BOOBA ÉTAIT MOCHE?

10.12.12

BOOBA


Vous savez que j'aime Booba mais je crois que vous ne mesurez pas à quel point.
Je l'écoute tous les jours, au moins une chanson. Et ça c'est le moins du moins.
Genre ce mec est devenu dans mon coeur ce qu'était Mylène Farmer dans mon enfance.

Quand son dernier album Futur est sorti, j'ai été tout de suite déçue. Je pensais que ça serait mieux et puis après avoir bien insulté le truc, je me suis rendue compte, 2 semaines plus tard que je le connaissais déjà presque par coeur cet album... Personnalité radicale comme vous pouvez le constater.

C'est systématique. Je l'ai d'abord aimé avec Lunatic (son premier groupe) et ses deux premiers albums, mais même si je trouve que ce qu'il fait maintenant est moins bien, je ne peux pas m'empêcher de l'écouter.

La fan de base. Pas d'autres mots. Je ne vais pas essayer de convaincre les anti-Booba, tout ce que vous détestez en lui je le comprends, perso j'm'en fous, j'aime bien ses mauvais côtés aussi.

La semaine dernière, le mec passe chez Hanouna (qui me fait super marrer en passant alors que j'aurais pas parié dessus) après un live lamentable au Grand Journal, ça fait plutôt plaisir de le voir souriant et vachement à l'aise.

Il est beau. Comme toujours.
Oui parce que je suis sûre qu'un des éléments déterminants dans son succès de plus en plus populaire, c'est son physique.
A chaque fois qu'il passe à la télé et que ma mère le voit, elle frétille. Ma mère autant dire pas le coeur de cible. Ma mère n'est ni ado, ni citadine, ni même portée sur le ghetto et ses variétés.
Il est bien plus vidéogénique que plein de rappeurs (manière pudique de dire que c'est mec est une bombe). Il a certes des gros bras et plein de tatouages qui peuvent faire peur à ma mamie mais il n'a pas que ça.

C'est con mais l'autre jour en le voyant chez Hanouna, je me suis demandée si j'aimerais autant ce mec s'il était moche. Ou en tous cas pas aussi beau.
J'avais pas de réponse, enfin si une au fond de moi mais je la sentais moyen valorisante pour ma mélomanie. Un truc coincé au creux de mes préférences esthétiques qui avait bien envie de l'ouvrir mais je l'ai bâillonné, ma dignité en dépendait. Et ma liberté de penser aussi.

Je demande à Yassine "tu penses que t'aimerais autant Booba s'il était moche?".
Yassine écrase sa clope, me regarde et me dit "ben non, c'est un tout Booba et son physique en fait partie".
Nettement moins influencé par ses hormones d'hétéro, Yassine me balance le truc avec une légèreté déconcertante.

Sa théorie (à Yassine) sur le succès de Booba c'est que l'écouter c'est comme avoir une petit b°%* et en vouloir une grosse. Au sens figuré ça va sans dire.
Et c'est pas faux.

Et bien c'est terrible à dire mais oui c'est vrai j'aime les textes de Booba (de moins en moins au demeurant mais la mode dans le rap n'est plus vraiment aux textes léchés et je crois qu'il l'a plutôt bien compris) mais j'aime tout le reste. Ses gros pec' y compris, je suis lamentable, je sais. Ne me juge pas!

Pour conclure, je voulais vous donner la théorie de ma mère pour expliquer l'animosité du monde du rap à l'égard de B20. Véridique.
Donc dixit ma mère, 53 ans, si les autres rappeurs n'aiment pas Booba, "c'est parce que c'est le plus beau et qu'ils sont jaloux"...

-__-

Je te jure.
No comment je la love mais là, sur ce coup là...

Je te love aussi.

PS: Demain si tu veux on parlera de la passion de ma mamie pour Matt Pokora... Pareil je te jure... Elle dit même que c'est son chanteur préféré... Elle a 78 ans...

PS: Les 3 derniers posts sont programmés, magie technologique, alors je répondrai aux commentaires quand je rentrerai... 

SOLAAR ET CIE

8.12.12


mc-solaar-20040405-86




Il y a quelques semaines, Olivier Cachin a publié sur le site des Inrocks son top 10 des meilleurs albums de rap français.

Le classement a un peu fait parler de lui puisqu'en première position, il y a mis le premier album de Gyneco, Première consultation.

Ce qui m'a frappée moi dans son classement, c'est de voir à quel point Olivier Cachin a les yeux dans le retro quand il s'agit de rap français.

8 des albums cités sont des années 90. 8 c'est beaucoup, non?

Et dans les deux qui restent il y a Mauvais Oeil de Lunatic (2000) en fin de classement (lol) et l'album Entre ciment et belle étoile de Keny Arkana qui lui date de 2006...
Alors ok, il conclut avec un onzième, Orelsan et son Chant des sirènes de 2011 mais finalement c'est de la triche alors on va faire comme si le onzième comptait pas.

Bon, j'imagine que tout ça vous fait une belle jambe même si moi ça m'intéresse vachement.

C'est pas du classement dont je voulais vous parler mais plutôt de l'album qui se place en septième position, Prose Combat de MC Solaar.

Mais avant de commencer, légitimité mode oblige, regardons le clip de Séquelles (1994) avec en guest une Charlotte Gainsbourg absolument charmante avec sa tête d'enfant et ses cheveux tout courts.


Été 91 (donc très tard), je découvre Bouge de là, le premier tube de Solaar, sûrement parce qu'il devait seulement commencer à passer sur NRJ. Je ne suis pas une enfant de Nova, trop petite mais surtout trop provinciale pour ça.
J'ai finalement connu ce morceau par coeur avant d'acheter son album en K7 quelques semaines plus tard.

Le début des 90's c'est les heures de gloire de Solaar: Victime de la mode, Caroline, Qui sème le vent toussa toussa. Le mec chante avec Missy Elliott, collabore avec De La Soul, sort avec Ophélie Winter et vend des disques par kilo.

L'album Prose Combat, le deuxième, arrive en 1994.

Avant de lire l'article de Cachin, j'avais oublié à quel point j'avais aussi adoré cet album et surtout à quel point je l'avais saigné dans mon adolescence (ouais toi t'étais pas né à ce moment là, je sais).

Non parce que pour les plus jeunes d'entre vous, MC Solaar ça n'est rien qu'un chanteur has-been dans la troupe des Enfoirés, mais je vous jure, avant c'était autre chose, c'était même quelque chose. Solaar c'était pas rien, c'est le mec qui a popularisé le rap au point que même mon papi savait qu'il se passait quelque chose d'un peu nouveau du côté de la rue. Et comme en plus les rappeurs des 90's qui passaient à la télé n'avaient pas du tout l'idée de gang-bangué la France, mon papi n'était pas inquiet.

Le rap à l'époque de Solaar ça se prenait grave au sérieux, il fallait que ça soit crédible, il n'était pas question de passer pour une baltringue qui sait à peine aligner deux mots alors les textes étaient millimétrés, cohérents, avec des lectures denses avec des tas d'entrées différentes.

Et puis c'était un rap jazzy. Surtout avec un mec, le mec derrière les productions des deux premiers albums de Solaar, Jimmy Jay.

Jimmy Jay je l'aime beaucoup beaucoup. Pour les 2 premiers albums de Solaar (après de mon côté, je suis passée à autre chose et je pense que le fait de Jay ne bosse plus avec Solaar n'y était pas étranger) mais aussi pour ses Cool Sessions. Je suis retombée sur un Rapline trop drôle où on voit Solaar, Jay, les Sages Poètes de ma rue, Menelik et tout et tout. Tout au début du truc, c'est trop mignon. La vidéo est déplorable en terme de qualité, mais je vous la mets quand même.


Je vous retranscris un bout de l'interview de Menelik qui nous montre tellement que les temps ont changé:

« Faire exclusivement du rap, ça m'équilibre pas en tant qu'être humain, y a aussi un autre pôle dans ma vie, c'est les études. Je peux pas faire l'un sans l'autre ça serait dommage parce que dans le cas où l'un ne marcherait pas, il faudrait que l'autre marche. il faut toujours trouver un parachute dans la vie  »


Vous vous demandez pourquoi je vous parle de tout ça... Et bien c'est très simple, depuis plusieurs semaines, j'écoute beaucoup trop Prose Combat, les premiers morceaux des Sages Poètes de la rue, le premier album de Ménélik et toutes les Cool Sessions pour que ça soit juste une petite nostalgie de mon adolescence...

Si ça se trouve les vieux Solaar ça va être so 2013... Qui sait?

Je vous embrasse.

SO SO 2009

7.12.12


( Sachant qu'on a écouté cette chanson 4 fois d'affilé avec Yassine, je me suis dit qu'elle plairait peut-être à certains d'entre vous... Être là-bas, vivre là-bas, juste là-bas, toi et moi c'est pas une mauvaise idée ♥ )

So so 2009
2012. Fin 2012, à la pointe de la pointe de l'underground de la mode et du cool, le manteau en fausse-fourrure léopard. Et ouais, tu peux pas test mon sens du timing de fou... Essaie même pas!

Et comment je l'aime laisse tomber. De toutes façons, en ce qui me concerne, le motif léopard, j'en ai pas marre du tout. Alors que bon bientôt 4 ans quand même. Ca doit être mon côté Sue Ellen!


-__-

PS: Oui j'ai les Decade... Je suis joie.

LAURENCE ANYWAYS

6.12.12

melvil-poupaud





J'ai enfin vu le dernier film de Xavier Dolan, Laurence Anyways.

Vous savez que j'aime beaucoup ce mec, j'en ai déjà parlé ici avec beaucoup d'intensité.
J'avais un peu peur de le voir, peur d'être déçue (même si tout le monde me disait que j'allais l'adorer... D'ailleurs c'est pire quand on vous dit ça, qu'est ce que vous dites si ce n'est pas le cas? La vérité oui c'est vrai que c'est la meilleure de toutes les options, mais bon, c'est parfois délicat... Bon je vais m'arrêter c'est pas comme si c'était le sujet).

Flashback dans ma vie.

Fin des 90's, ma mère doit être partie bosser. Je suis toute seule chez moi, je zappe sur Arte et tombe sur un film.
On y voit un mec, beau, brun, un air vaguement intello alors même qu'il ne parle pas.
Il se ballade sur une plage, bretonne probablement, il marche, regarde en l'air, prend un air pénétré. Le temps se couvre, il rentre dans un petit hôtel où il a pris une chambre. Spartiate la chambre. Il prend sa guitare, gratte 2 ou 3 accords et reprend son air pénétré.
Pas un mot. Pas un échange pendant de longues minutes.
Il attend une fille qui finira par arriver et il vont parler tout le reste du film sur l'amour, la fidélité, la trahison et d'autres trucs qui n'intéressent normalement que les adolescentes.
Et Eric Rohmer. Mais Eric Rohmer est une adolescente j'en ai bien peur et c'est pour ça que je l'aime.

Le film dont je vous parle c'est Conte d'été, d'Eric Rohmer. L'acteur principal de ce film c'est Melvil Poupaud et je suis tombée  «amoureuse» de lui (aussi relou soit-il dans ce film) tout de suite.
J'ai suivi sa carrière de très près (même dans des films intellos médiocres, qu'il aimait tourner avec Elodie Bouchez) parce qu'il correspondait aux goûts de mon adolescence.

Et puis j'ai oublié, je suis passée à autre chose et la carrière de Melvil devenait plus confidentielle...
Il y a bien eu Le temps qui reste  d'Ozon dans lequel il était parfait.

Laurence Anyways (joué par Melvil Poupaud) raconte l'histoire d'un homme, professeur au lycée ou à l'université (j'arrive pas à savoir. On dirait la fac mais vu que les parents peuvent faire des pétitions contre les profs, j'ai comme un doute) amoureux fou de Fred qui lui annonce le soir de son 35ième anniversaire qu'il s'est toujours senti femme. Et qu'il veut enfin être celle qu'il est.

Dolan a eu l'idée de ce film au moment où il tournait son premier film (J'ai tué ma mère) quand un soir en rentrant en voiture, une nana de son équipe lui a confié que son amoureux lui avait fait cette même révélation. Le genre profond de son amoureux n'était pas celui qui lui avait été donné à la naissance. Et Dolan sans avoir beaucoup plus de détails a commencé à écrire le synopsis.

Ce n'est pas un film sur la transexualité. Pas que en tous cas. C'est plutôt un film d'amour. Un vrai. Laurence aime Fred (sublime, mais alors sublime Suzanne Clément) de ce côté là pas de problème, et rapidement le spectateur n'en doute pas non plus une seconde. Il l'aime elle, c'est simplement qu'il n'a pas le bon corps et qu'il ne peut pas continuer à mentir...

Mais et l'amour? Comment un couple se remet de ce genre de nouvelle? Est-ce que ça peut marcher? C'est surtout de ça dont parle ce film.

Etrangement le film m'a fait précisément le même effet que Les amours imaginaires. Il a été à retardement.

Je voulais vous montrer une scène assez étonnante avant qu'on continue. Elle m'a soufflée.
 

Je ne l'ai pas aimé tout de suite. En tous cas pas autant que je l'aurais imaginé.

Dolan, qui n'a peur de rien a quand même fait un film de 2 heures 47 si ma mémoire est bonne...
-__- (il couvre 10 années de la vie de Laurence et Fred)
Je ne dis pas que ce n'est pas justifié, non, en revanche le propos étant ce qu'il est, le regarder entièrement est un périple émotionnel mais aussi visuel important. C'est beau mais ce n'est pas que ça, c'est fort aussi.
Et il m'a fallu un peu de temps pour l'intégrer.

J'ai éteint la télé, suis allée me coucher et n'ai finalement pas cessé de penser à lui pendant plusieurs jours. Comme un amoureux qu'on avait pas vu venir.

Je l'ai reregardé, par bouts, et je sentais mon coeur qui se serrait de plus en plus, ce qui est bon signe.

Laurence Anyways est un film tellement ambitieux, imparfait c'est sûr, parfois un peu énervant, mais tellement vif, tellement cru, tellement mis en scène (je suis nulle pour décrire je sais). On se disait avec mon copain Gweltaz que ce qui est tellement fou avec le cinéma de Xavier Doaln, c'est de voir à quel point ses intentions sont fortes.
Ce mec donne tout, c'est un vrai truc perso, un truc dense, et même si certains passages m'ont moins plu que d'autres, je ne peux pas nier que la grâce de ce film est époustouflante.
Je n'ai pas vu beaucoup de choses comparables...
Et puis comme une vieille je n'avais de cesse de me demander comment ce mec, du haut de ces 23 ans pouvait avoir avoir autant de subtilité sentimentale? Comment il peut savoir à ce point ce que c'est d'aimer? Et en fait c'est moi qui suis conne, les choses n'ont rien à voir avec son âge, il faut que juste que je le répète à ma trentaine sûre d'elle.

C'est très beau. Vraiment très beau. Et puis ça joue tellement bien.

Et si on va du côté de la mode, ce film est aussi un bijou absolu, il y a tellement de looks fin 80' et 90's élaborés et mortels (sapes + coupes + make-up) .

Je voulais finir ce post déjà trop long avec quelques mots de Laurence que j'ai trouvé hyper beaux:

J'aurais pu lui écrire une chanson à la place... Ne me quitte pas ou un truc comme ça... Les belges parlent lentement mais ils ont l'esprit de synthèse.

« Où es-tu? Que portes-tu? Que fais-tu? »

Je me réveillais je me posais ces questions sur elle. Je me couchais avec les mêmes questions alors à un moment j'ai voulu les réponses. «Où es-tu? Que portes-tu? Que fais-tu?»


laurence-any



Laurence-Anyways_BO


Je vous embrasse fort.

POST LACONIQUE MAIS PAS QUE...

2.12.12

sofia-sanchez-mauro-mongiello

(Laura Smet par Sofia Sanchez et Mauro Mongiello)


(Un copain Facebook vient de poster ce morceau de Wiz Khalifa sur son mur, je meurs sur ce rap sucré, ma faiblesse absolue...)


Je ne connaissais pas Marie-Eve quand elle m'a envoyé un message sur Facebook pour me parler d'un blog qu'elle tenait avec une amie à elle. Par curiosité, j'ai cliqué...

Et j'ai lu les 3 premiers posts très vite. Je les ai trouvés tout de suite très jolis, la tristesse d'Hannah, son changement de vie, ses souvenirs... Son histoire... J'ai depuis lu le quatrième post et j'ai hâte de savoir le reste...


La vie singulière d'Hannah c'est l'histoire compartimentée d'un amour qui a mal tourné. Les mots de Lili Zim (son amie) me donnent très, très envie de voir comment Hannah va réussir à se redresser de son coeur écrabouillé. Et je me suis dit que peut-être ça vous plairait aussi...

 Je vous embrasse bon dimanche

NO MAKE-UP

1.12.12



LOVE

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