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10.5.17

POINT CORPS / POIDS / CLOPE

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Intro : 

Salut les copains, 

j'espère que vous allez tous bien ! 

Vous noterez qu'un retour moins d'un mois après le dernier billet, ça claque. Je ne suis que fierté. 

Avant toute chose, vous avez dû voir que l'en-tête du blog ne s'intitule plus "Une Chic Fille", j'ai envie de changer ... Et comme je suis douée d'une grande créativité, j'ai mis mon prénom. En attendant, j'ai déjà demandé aux gens autour de moi comment je pourrais appeler le blog ! Parce que la chic fille, je trouve ça plus super adapté et puis je voulais quelque chose de plus neutre. Moins jeu de mot / Moins girly / Moins un truc qui a 10 ans et que c'est vieillot maintenant. 

Alors si vous avez des idées, ça me ferait bien plaisir.

Billet du jour  : (et billet qui nécessite que vous posiez au moins un RTT)

Pour le billet du jour, je voulais refaire un point sur le corps, le poids, la nourriture, ma bataille. 


Bien, pour les nouveaux de la bande (sait-on jamais), je suis une ancienne très mince fumeuse qui a stoppé son vice il y a presque 7 ans et qui depuis a pris du poids ... Beaucoup de poids ... Pas les 5 kilos réglementaires ... Non ... pas même les 10, j'ai été en roue libre. 

J'ai tenté de remédier à cela mais mon coup de fourchette étant franc et massif, j'ai comme qui dirait plutôt échoué. 

Ca me soule d'être moitié grosse. Ca me soule parce que ça rend tout plus relou (c'est le cas de le dire) et que se porter est une expérience dont j'ai envie d'avoir fait le tour. C'est chiant pour le sport (putain que c'est chiant), pour les fringues, pour le moral, pour l'été et pour l'estime de soi. 

La vérité c'est que j'aimerais être au-dessus de cela mais ce n'est pas le cas, je passe mes étés beaucoup trop couverte pour que cela soit confortable et je dois dire que j'ai beau me forcer, essayer de me dire que je m'en fous, que c'est pas grave, que je suis en bonne santé (ce qui est vrai et relatif en même temps, le surpoids, en ce qui me concerne, ne ressemble pas peu ou prou, à la santé que j'avais avant lui, mon corps (et ça m'est spécifique, je ne peux parler que de ma propre expérience) n'est pas dans la joie d'être même quand il ne se regarde pas dans le miroir, je me trouve objectivement en moins bonne forme). 

Malgré tout ce que je viens de vous décrire, malgré la lourdeur, malgré le souffle court, malgré les cuisses qui se touchent, je n'arrive pas à changer mes habitudes notamment alimentaires.

Habitée par toute l'ambivalence de mes conflits internes (en psycho, j'ai appris ça cette année, cela s'appelle un conflit intra-personnel ), je n'arrête pas le Coca autant qu'il le faudrait, je ne mange pas assez bien et comme cette année a été dure physiquement et intellectuellement mon cerveau ne faisait que quémander du sucre et docile comme je suis, j'ai fait n'importe quoi. 

Après les lectures des billets de Caro (Pensée de Caro) sur le docteur Zermatti, je me suis dit que pour arrêter d'autant manger, il fallait simplement que je ne mange que quand j'ai faim et que j'arrête de manger quand je n'ai plus faim... 

Simple, non ? 
Ben dis comme ça, grave simple. 

Une tentative, 2, 10 ... Je n'y arrive pas ! Je mange beaucoup trop et sans fin. 

C'est étrange parce que je n'ai pas tant l'impression de gérer mes émotions de cette manière (sincèrement, je ne bouffe pas de stress ou de tristesse) ... Alors merde, pourquoi je ne réussis pas à faire un des trucs les plus basiques du monde, écouter la faim de mon corps et s'y fier. 

Je vous jure, ça parait simple, ça fait des mois que j'essaie de manger à ma faim et je n'y arrive pas. 

"Ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre."
Spinoza  (ouais je sais je suis relou avec Spinoza)


Pistes de réflexion : 

Alors après les x années passées à me flageller sur la question ou à me moquer de moi, ou encore à ne pas me regarder directement dans la glace, j'ai décidé d'envisager cela sous un angle différent. 
Plus d'émotion qui déborde, j'ai eu envie de comprendre ce qui, finalement, se cachait derrière cela.

Ouais parce que durant ces x années, j'ai essayé de me "dresser", de me faire entendre raison (sans réfléchir à ce qui s'était passé), de "faire attention" (ce qui est très relatif puisque à part stopper le Coca quelques jours on ne peut pas vraiment dire que je m'y suis sérieusement atteler or, j'ai bien besoin d'une éducation alimentaire parce que même si je vois ce qu'il faudrait faire, ben je le fais pas ... Pourquoi ? Pas une foutue idée), bref de faire preuve d'auto-autorité, ça a toujours très bien marché avec moi, mais là zéro résultat ! C'est quoi ce bordel ? 


J'en suis arrivée à une étrange conclusion (oui parce que si j'écris ce billet c'est parce que j'ai trouvé une piste qui, même si elle ne m'a pas encore emmenée sur le chemin de l'allègement, a le mérité d'être peut-être pertinente) : J'ai réussi d'arrêter de fumer facilement (alors que c'est souvent qualifié de difficile) mais manger normalement, quand j'ai faim tout simplement (et jusqu'à ce que la faim cesse), et bien dernière son caractère a priori naturel, je n'y arrive pas


L'autre soir, on discute Yassine et moi, et on arrive à parler de poids. 

Je dis encore qu'il faut que je maigrisse ... 

" Tu veux perdre combien de kilos ? " qu'il me demande

... " Je sais pas combien je veux perdre "

" C'est quoi ton poids idéal alors ? "

Du tac au tac je lui réponds à , le poids des cuisses qui ne se touchent pas. 


Oui c'est cela que je veux. je ne veux pas d'une taille spéciale (même si fatalement ça implique d'en perdre) mais ce dont je veux me débarrasser, c'est de l'inconfort corporel voire de la douleur (les cuisses qui se touchent ça fait mal et ça fait tellement mal qu'à chaque fois que ça arrive, c'est à dire tous les étés,  j'en suis rendue à mettre des genres de cyclistes pour limiter les dégâts (glam sa race)). 
Je ne souhaite pas que remettre mes jeans d'avant et pas penser à comment je me sape vu que je me sens bien dans tout, non, j'en suis même plus à espérer ça (ça craint, en vous écrivant tout ça, je me rends compte que j'ai perdu tout espoir, putain) j'en suis juste à vouloir ne plus trop avoir mal aux cuisses cet été (enfin entre autres mais vous voyez l'idée) ! Et mettre des jupes tranquille.

(Ouais j'ai prévenu que ça serait long mais vu mon rythme de postage, vous avez au moins 1 mois pour le lire, du coup, j'y vais franchement)

Donc on continue la discussion avec Yassine et il me parle de la relation toute particulière que j'entretiens avec la nourriture et dont je ne me suis pas aperçue. 

Depuis l'arrêt de la clope, la nourriture occupe une place centrale dans ma vie. 
Quand je vais à la fac par exemple (en Airb&b) je me fais des paniers de ouf, je ne supporte pas de manquer du moindre truc, la nourriture c'est devenu dans ma vie méga central en plus d'être un plaisir. Je suis plus gourmande que la plus gourmande de tes copines.

Et vraiment, je ne trouve pas que cela soit en soi un problème, mais en en parlant avec Yassine, je me suis souvenue que fumeuse, c'était avec la clope que j'avais ce type de relation. J'anticipais, jamais en panne de clope et kiffais fumer. 

J'ai toujours été surprise de la facilité avec laquelle j'avais arrêté de fumer. Et bien en fait, je n'avais peut-être pas tout à fait arrêté de fumer. 

" C'est peut-être maintenant que tu vas vraiment arrêter de fumer !" me dit Yassine.

Et d'un coup ça s'est éclairé, il avait raison, j'avais tout bêtement déplacé mon addiction, c'est pour ça que ça avait été si simple et c'est aussi pour ça que je mangeais autant. 

En arrêtant de fumer j'avais peur de l'ennui, l'ennui de ne plus fumer. 
Et quand je mange sans faim, c'est exactement ce que je comble, une certaine forme d'ennui. Ni la tristesse, ni la colère, non l'ennui un peu vague de celle qui ne sait pas quoi faire pour occuper ses mains. Alors ça parait facile à compenser l'ennui, mais détrompez-vous, en tous cas de mon côté, c'est plus compliqué qu'il n'y parait. 

Ca plus cette conasse d'habitude qui n'aide personne et c'est comme ça que je me retrouve là, à vous écrire et à manger grosso modo comme une ado qui n'a peur ni de grossir ni de la mauvaise santé. Mais qui à l'intérieur d'elle-même se regarde comme une étrangère sur laquelle elle n'a pas le moindre pouvoir. 

Le problème, c'est que ça va sûrement être plus difficile de modifier doucement mon rapport à la nourriture et à manger à ma faim et juste à ma faim parce que cela nécessite de la mesure et de l'équilibre. 
Je ne peux pas, comme avec la clope, arrêter de manger. Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que je suis bien meilleure dans la radicalité que dans la mesure et là, je vais devoir apprendre à la faire. 

Conclusion : 


Du coup je sais pas trop comment m'y prendre, est-ce que je dois considérer cela comme l'arrêt du tabac avec un commencement difficile et un équilibre qui se rétablira à mesure que le temps passe ? 
Peut-être que j'aurais besoin d'aide et que seule ça va être difficile ? 

Vraiment je ne sais pas ... 

Je voulais vous faire part de ces petits pas de réflexion qui, même s'ils ne modifient pas encore mes comportements, m'aident à y voir plus clair. 

Si vous avez des pistes, idées, prolongements de réflexion, des trucs qui pourraient m'aider, je vous en serais sincèrement reconnaissante. Et je dis pas ça pour la forme parce qu'en vrai mes cuisses qui redoutent les meurtrissures estivales et moi on a besoin d'un petit coup de main. 

Je vous embrasse bien fort. 

Je reviens un peu vite.

Du love et du love





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